Communiquer
efficacement
Par Valérie BOCQUEL, Carmen LAIZET
Efficacité de la communication
Communication
verbale
Faits, opinions, sentiments
S’exprimer correctement
Écouter
Communication non verbale
Les rituels
Bibliographie
1.
Efficacité de la communication
Une communication efficace est une communication qui répond à ses objectifs :
informer un salarié, fidéliser un client, etc. Elle s’appuie, de façon
simplifiée, sur :
- la prise en compte des intérêts et des attitudes du récepteur
- la qualité de la relation établie : inter-relation, écoute,
respect des rituels…
- la clarté du message, liée à la maîtrise des règles de l’expression
orale ou écrite
La qualité de la communication verbale et non verbale et de l’écoute
de l’interlocuteur participent à l’efficacité de la communication.
Remarque :
on préfère la notion de communication efficace à celle de «bonne» communication,
du fait de la référence à un objectif de communication et de la relativité
de toute situation de communication.
2.
Communication
verbale (Application
2 à télécharger)
·
Faits – opinions - sentiments
Le rôle du locuteur est d’émettre un message clairement
et pertinemment afin que l’auditeur le comprenne dans le sens voulu
par le locuteur. Pour que la communication soit efficace, il est très
important que les deux partenaires sachent, avant tout, distinguer les
types d’informations : faits, opinions, sentiments. Cette distinction
est nécessaire afin de pouvoir fonder les affirmations sur des faits,
éviter d’ajouter foi à des avis non corroborés par des faits, distinguer
une opinion fondée sur des sentiments et celle sur la raison, afin
de permettre des actions d’autrui.
Pour parvenir à cette situation, il faut donc savoir
poser des questions afin d’obtenir des réponses correspondant au type
de réponse souhaitée :
Pour obtenir un fait : À quelle date
aura lieu la réunion du Conseil d’Administration ?
Pour obtenir une opinion : À combien estimez-vous
le coût d’achat de ce matériel ?
Pour obtenir un sentiment :
Êtes-vous satisfait de ce nouveau matériel ?
Pour obtenir une action : Pourriez-vous m’adresser un rapport
sur cette étude ?
·
S’exprimer
correctement (Application 2 à télécharger)
Il peut arriver que les interlocuteurs ne
recourent pas spontanément aux mêmes codes et aux mêmes registres de
langage car ils ne sont pas issus des mêmes cultures (professionnelle,
milieu social, nationalité). Pour comprendre son interlocuteur et se
faire comprendre, il faut donc décrypter correctement ces différences
culturelles et les prendre en compte.
Par exemple, lors d’un stage en entreprise, l’élève
doit s’adapter aux codes et au registre de langage qui y dominent et
renoncer, dans ce contexte, au langage familier voire codé qu’il utilise
avec ses camarades de classe.
Il faut savoir trouver
les mots justes dont les caractéristiques sont les suivantes :
clarté, concision, considération (afin de ne pas heurter l’interlocuteur
et provoquer des sentiments négatifs).
Pour communiquer, il est indispensable de :
1. Être
sensible à l’interlocuteur, ce qui signifie être à l’écoute (repérer
les signes verbaux et non verbaux), s’écouter (auto-contrôle), s’adapter
(changer pour s’adapter aux besoins et attentes de l’interlocuteur).
2. S’affirmer,
ce qui signifie que nous devons savoir ce que nous voulons dire, et
surtout, ne pas dépasser certaines limites (on peut exprimer calmement
ses sentiments).
3. Articuler,
c’est-à-dire maîtriser sa voix (débit, ton, diction, éviter les mots
parasites).
·
Écouter
Pour que la communication
soit efficace, il est indispensable de pratiquer une écoute active ;
il faut prendre le temps d'écouter, ce qui suppose une concentration
axée sur les paroles de l'interlocuteur, et surtout ne pas se laisser
distraire par quoi que ce soit. De plus, il ne faut pas couper la parole
de l'interlocuteur et marquer son intérêt par un visage compréhensif
au lieu de briser le rythme par des interventions inutiles et l'incommoder
par des manifestations non verbales. Toute relation de communication
interpersonnelle implique l’interaction presque constante entre les
partenaires.
Il ne faut pas confondre
«entendre» et «écouter» : souvent, nous entendons des paroles sans
analyser le message communiqué. Afin d’écouter, il est nécessaire de
s’éloigner de nos préoccupations et également des idées préconçues.
Si nous sommes tentés de juger, il faut attendre la fin du message avant
de l’exposer.
Écouter n’est pas un exercice
facile, on peut même dire qu’il est fatigant, car il faut se concentrer,
c’est-à-dire mobiliser de l’énergie pour assimiler le message de notre
interlocuteur. Si notre pensée s’égare, il faut la «remettre sur le
bon chemin».
Lors de l’écoute du message, il faut :
1. Identifier
la structure du message.
2. Repérer
les points clés.
3. Distinguer
les faits et les opinions.
4. Être
attentif au contenu émotionnel.
5. Prendre
note mentalement des points à clarifier.
6. Associer
les mots utilisés à des choses familières.
7. Résumer
intérieurement le message.
Importance de la communication non verbale : une bonne communication
tient aux :
- 20 premières secondes de l'entretien,
- 20 premiers mots prononcés,
- 20 premiers gestes réalisés,
- 20 premiers regard échangés.
Le langage non verbal permet la communication entre
personnes de langues différentes : le rire et l’expression de la
douleur sont les expressions non verbales les plus universelles.
Mais il n’est pas universel : la culture, la
religion, les archaïsmes modifient la lecture de certains gestes (ex :
les vêtements blancs ou noirs pour le deuil, selon la pratique religieuse
dans différents pays) et l’expression des formules verbales.
Le paralangage, c'est communiquer sans parler, il
concerne notre apparence, nos gestes, nos expressions du visage (les
mimiques).
·
L'apparence : c'est
l'allure générale d'un individu que l'on voit en premier lieu : le vêtement,
la coiffure, les accessoires. Le choix des vêtements se fait généralement
en fonction de l'âge, de la morphologie et de la situation professionnelle.
On peut constater une évolution dans la tenue vestimentaire, une plus
grande décontraction, surtout dans le choix des tissus et des couleurs.
Par le choix de notre tenue, nous voulons donner
une certaine image de nous-mêmes. Il faut rappeler les trois types d'images
:
- image projetée : image de soi
- image souhaitée : celle que l'on aimerait donner
- image reçue : celle qui est perçue par les autres.
·
La gestuelle :
La «gestuelle» est un véritable paralangage qui accompagne le message
verbal, le complète. Savoir le décoder, c'est favoriser la communication.
On connaît l'expression
"garder ses distances". Chacun d'entre nous marque ses distances
en parlant à l'autre.On distingue quatre zones de communication :
- zone intime (15 à 45 cm), ton de la confidence
- zone personnelle (entre 45 et 1,20 m), relations
professionnelles, voire amicales
- zone sociale (1,20 à 3,50 m), marque la fonction
de chacun
- zone publique (> 3,50 m), face à un public.
La gestuelle se manifeste
par des postures ; celles-ci concernent la tête, le buste, le bassin,
les jambes et les bras. Par nos gestes, nous nous exprimons et nous
pouvons avoir un comportement de défense. Si, par exemple, nous sommes
mis directement en cause, interpellés, nous avons alors des gestes barrières.
Parmi les plus courants :
- les mains sur les oreilles,
- les bras croisés,
- se frotter les mains,
- les formes
de réajustement : la mèche des cheveux, le pli d'un pantalon, d'une
jupe, la poussière imaginaire, le raclement de la gorge...
On communique également à travers des signes conventionnels :
-
le doigt pointé vers la porte signifie «sortez !»
-
le signe de la main pour dire «au revoir»
-
le hochement de la tête pour dire «oui»
-
le battement de mains (applaudissement) pour montrer
notre satisfaction devant une manifestation.
·
Les mimiques :
C'est l'ensemble des expressions de visage. On peut relever les expressions
des émotions : la joie, la surprise, le dégoût, la tristesse, la colère,
la peur.
Il est intéressant également de présenter un aspect particulier de la mimique
faciale : ils sont appelés les modificateurs (ou langage des regards)
: ils changent, en effet, la signification dans toute communication
- le clin d'oeil : il indique que ce qui est dit ne doit pas être
pris au sérieux,
- le regard soutenu : intention hostile,
- le regard panoramique : comme son nom l'indique, il parcourt lentement
tous les interlocuteurs - (implication de tous dans un message apparemment
individuel),
Tenir compte de ces modificateurs, c'est éviter des malentendus.
Pour que la communication soit réussie, il faut
qu'il y ait concordance entre le message verbal et le non-verbal
3. Les rituels
Il s’agit de pratiques sociales habituelles, que l’on relève dans des
situations courantes. On distingue le plus souvent les rituels de salutation,
de séparation, de remerciements et de présentation.
Ces rituels sont différents selon les cultures.
Il existe, par exemple, différentes façons de se dire bonjour :
en se serrant la main, en s’embrassant, en s’inclinant… Ce rituel de
salutation varie selon les pays, et aussi selon les milieux (famille,
entreprise…)
Communiquer efficacement nécessite de connaître
ces rituels afin de comprendre le comportement de nos interlocuteurs
et aussi de les prendre en compte afin de ne pas les heurter.
Pour aller plus loin…
Bibliographie
Techniques de communication interpersonnelle – Alex Mucchielli – Editions
d’Organisation
La nouvelle communication – Claude Le Bœuf – A Colin
Communication mode d’emploi – J.C. Martin – Collection Marabout
Psychologie de la communication – J C Abric – A. Colin
L’art du contact – C. Gellman et C. Higy-Lang – Editions d’Organisation
Les gestes vérité – F. Sulger – Editions Sand
62 jeux de communication – Dominique Gilbert, Nicole Serrat et Christophe
Campan – Egico
Les jeux de communication à l’usage du formateur – Gilbert Béville – Editions
d’Organisation
Revue «Sciences Humaine» Hors série :
n° 16 mars/avril 1997 Le face à face et se enjeux, d’Edmond Marc
n° 37 juin/juillet 2001 Face à face, les relations interpersonnelles
www.scienceshumaines.fr/index1.asp