Le droit de propriété
1. Les attributs et les caractères du droit
de propriété
Les attributs
Les caractères
2. L'acquisition du droit de propriété
L'acquisition par contrat
La prescription acquisitive
3. Les démembrements et les atteintes au
droit de propriété
Les démembrements
Les atteintes
4. Pour aller plus loin…
Webographie et bibliographie
"La propriété étant un droit inviolable et
sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque
la nécessité publique, légalement constatée,
l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable
indemnité" Article 17 de la Déclaration des Droits
de l'Homme.
Ainsi, le Conseil constitutionnel a reconnu en 1982 le caractère
essentiel du droit de propriété, tout comme la liberté,
la sûreté et la résistance à l'oppression,
"au nombre des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme dont
la conservation constitue l'un des buts de la société
politique". Il s'agit donc d'un "principe fondateur"
de la démocratie.
Le droit de propriété est un droit réel portant
sur des biens corporels ou incorporels. Il s'acquiert de différentes
façons.
Actuellement, deux débats de société importants
portent sur la notion de propriété : la propriété
intellectuelle (Lois HADOPI) et la propriété du vivant
(Lois de bioéthique).
1. Les attributs et les caractères du droit de
propriété
Les attributs
Le droit de propriété comporte trois attributs :
- l'usus qui est le droit d'utilisation du bien ;
- le fructus qui est le droit de percevoir les fruits et les produits
; un fruit est un revenu qui se renouvelle (une récolte, un
loyer…), un produit est un revenu qui amoindrit la valeur du bien
(une carrière, une mine) ;
- l'abusus qui est le droit de disposer de sa propriété
comme on l'entend : donation, vente, transformation voire destruction…
Les caractères
La doctrine reconnaît trois caractères fondamentaux au
droit de propriété :
- le caractère exclusif : en principe une chose appartient
à un seul propriétaire ;
- le caractère absolu : le propriétaire peut faire
ce qu'il veut de la chose ;
- le caractère perpétuel : le droit subsiste autant
que la chose.

2. L'acquisition du droit de propriété
Le droit de propriété s'acquiert par contrat (à
titre onéreux ou à titre gratuit) par la voie successorale
ou par la prescription acquisitive.
L'acquisition par contrat
Elle pose le délicat problème du moment de la propriété.
En effet, le principe énoncé par le Code Civil est celui
du transfert au moment du consentement des parties. Ce principe pose
des difficultés pratiques en cas de décalage du paiement
afférent ou de la livraison du bien (destruction du bien entre
le moment du contrat et le paiement par exemple). Pour pallier cet inconvénient
les parties peuvent décider d'insérer dans le contrat
une clause de réserve de propriété. Cette clause
décale le transfert de propriété jusqu'au moment
de la livraison ou du paiement intégral par l'acheteur.
Lorsque le bien est une chose de genre ou une chose future (une récolte
à venir par exemple), le transfert de propriété
ne se fait qu'au moment de l'individualisation ou de l'achèvement
du bien.
La prescription acquisitive
C'est le moyen d'acquérir un droit de propriété
par une possession prolongée. La possession est le fait d'exercer
des actions positives sur un bien en se comportant comme un propriétaire
mais sans en détenir le pouvoir de droit. Traditionnellement
la possession comprend deux éléments :
- le corpus qui consiste à effectuer des actes matériels
sur la chose : habiter une maison, cultiver un champ, couper du bois
dans une forêt…
- l'animus qui est l'élément intentionnel qui fait
que le possesseur se "sente propriétaire".
Pour qu'une possession puisse déboucher sur une véritable
propriété elle doit réunir quatre caractères.
Elle doit être :
- continue : le possesseur doit avoir un usage normal et régulier
de la chose ;
- publique : le possesseur doit se comporter en public comme le véritable
propriétaire ;
- paisible : l'entrée en possession doit avoir eu lieu sans
violence ;
- non équivoque : il ne doit pas y avoir ambiguïté
sur le comportement du possesseur.
Quand ces quatre caractères sont réunis on dit que la
possession est " utile ". Dans ce cas il y a présomption
de propriété ce qui permet au possesseur d'avoir le rôle
de défendeur en cas de revendication et donc d'échapper
à la charge de la preuve.
La prescription acquisitive (ou usucapion) permet d'accéder
à la propriété par une possession prolongée.
En matière d'immeuble cette possession est de 30 ans si le possesseur
est de mauvaise foi soit elle est abrégée en cas de bonne
foi et de possession d'un titre translatif de propriété
(10 ans si le véritable propriétaire habite dans le ressort
de la Cour d'appel où se situe l'immeuble, 20 ans dans les autres
cas). Pour les biens meubles et si le possesseur est de bonne foi, c'est
l'article 2279 al1 du Code Civil qui s'applique : "en fait de meuble
possession vaut titre". Toutefois en cas de perte ou de vol, le
propriétaire peut revendiquer la chose pendant 3 ans. Si le possesseur
est de mauvaise foi, l'article 2279 ne s'applique pas et la revendication
est possible pendant 30 ans.

3. Les démembrements et les atteintes au droit
de propriété
Composé de l'usus, du fructus et de l'abusus, le droit de propriété
peut se démembrer en usufruit et nue propriété.
Ce démembrement est soit d'origine contractuelle (un viager par
exemple) soit d'origine légale (le conjoint survivant à
un usufruit sur les biens du conjoint décédé).
Différentes atteintes légales atténuent aujourd'hui
la portée absolue du droit de propriété.
Les démembrements
L'usufruit est le droit d'utiliser et de recueillir les fruits d'un
bien dont on est pas propriétaire. En contrepartie de ce droit,
l'usufruitier doit s'en servir en " bon père de famille
", payer les charges normale d'entretien et restituer le bien au
propriétaire à la fin de la période d'usufruit.
La nue-propriété est le droit complémentaire à
l'usufruit. Le propriétaire conserve l'abusus. Il doit assurer
une jouissance paisible du bien à l'usufruitier et payer les
charges afférentes à la propriété (impôts
fonciers par exemple).
Les atteintes
Les servitudes sont des charges qui pèsent sur un immeuble au
profit d'un autre immeuble (la servitude la plus courante est le droit
de passage sur un terrain pour accéder à un autre terrain
à partir de la voie publique). Quand une servitude est rattachée
à un bien immobilier, elle est transmise en même temps
que sa propriété et s'impose au nouveau propriétaire.
L'indivision est la propriété collective : un même
bien appartient à plusieurs personnes. Elle naît par exemple
en cas de pluralité d'héritiers sur une succession ou
encore lors du divorce avant le partage des biens communs. Mais le Code
Civil prévoit que la situation d'indivision est nécessairement
temporaire : un propriétaire indivis peut demander le partage.
La situation de copropriété pour les immeubles bâtis
représente également une atteinte au droit de propriété.
La copropriété mélange la propriété
individuelle de la partie privative et la propriété collective
des parties communes. Chaque copropriétaire est tenu à
l'observation d'un règlement de copropriété.
L'abus de droit : c'est l'utilisation abusive du droit de propriété
par un propriétaire. Elle se manifeste en principe par un dommage
causé à autrui (construction d'un mur qui empêche
tout ensoleillement du voisin), d'une faute (caractérisée
par l'intention de nuire) et d'un lien de causalité.

4. Pour aller plus loin...
Sites
http://www.orgevalscope.com/immo/propriete.htm
Un exemple concrêt des problèmes rencontrés avec
le droit de propriété : la possession d’un terrain.
http://www.justice.gouv.fr/actualite-du-ministere-10030/larticle-544-du-code-civil-clef-de-voute-du-droit-de-propriete-17541.html
Un état précis des notions fondamentales sur le droit
de propriété.
http://www.inpi.fr/fr/connaitre-la-pi/decouvrir-la-pi/qu-est-ce-que-la-propriete-industrielle-nbsp.html
Pour mieux comprendre le droit de la propriété intellectuelle.
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/bioethique/index.shtml
Un point sur la réforme en cours concernant les lois de bioéthique
Ouvrages
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MAJ : septembre 2010- © Cerpeg