La croissance - 3e partie
Par Jean-Pierre TESTENOIRE
Ce dossier est composé de trois parties.
La première traite des aspects plutôt conceptuels de la notion de croissance économique, des problèmes de mesure, et des théories sous-jacentes.
La seconde partie, plus empirique s'intéresse aux cycles économiques, aux mécanismes des crises et à la propagation à l'économie réelle de la crise des subprimes de 2008.
cette dernière partie traite de l'action des pouvoirs publics pour soutenir ou relancer la croissance.
PARTIE I
I - La nature de la croissance
II - Les théories de la croissance
PARTIE II
III - Les fluctuations de la croissance
IV - Les crises économiques
PARTIE III :
V - Les politiques économiques face aux crises
Objectifs et organisation des politiques économiques
Le contenu des politiques économiques
Les politiques de relance en 2009
VI - Conclusion : Bilan et sortie de crise
Pour aller plus loin...
La croissance économique connaît des fluctuations parfois brutales, appelées crises ou récessions (contraction du PIB deux trimestres consécutifs). Au delà des théories des cycles, les crises sont liées à des causes endogènes, exogènes, ou mixtes et provoquent des chocs symétriques ou asymétriques. La mondialisation et la globalisation financière accroissent le risque systémique, comme le montre la crise de l'automne 2008. (Le chapitre précédent défini la notion de crise endogène dans le point III « Les explications des cycles d'activité », et la notion de chocs symétriques au point IV « les crises économiques).
Une situation de crise économique doit d'abord être caractérisée, pour permettre ensuite aux acteurs d'engager des actions destinées à retrouver les chemins de la croissance. Ces actions sont coordonnées par les politiques économiques. Mais les pouvoirs publics ont-ils réellement la possibilité d'agir sur le rythme de la croissance ?
« L'existence d'un marché libre n'élimine évidemment pas le besoin d'un gouvernement. Au contraire, ce dernier est essentiel, et comme forum où sont fixées les «règles du jeu», et comme arbitre qui interprète et fait appliquer ces règles. Le marché, cependant, réduit grandement le champ des questions auxquelles doivent être données des réponses politiques, et par là minimise la mesure dans laquelle il est nécessaire que les pouvoirs publics participent directement au jeu.» Milton Friedman, Capitalisme et Liberté, (1962).
V – Les politiques économiques face aux crises
« La politique économique consiste dans la manipulation délibérée d'un certain nombre de moyens mis en œuvre pour atteindre certaines fins. » Jan Tinbergen
D'une manière générale, les pouvoirs publics mettent en œuvre des actions, coordonnées dans les politiques économiques, destinées soit à stabiliser la conjoncture (le plan Giscard de 1965 destiné à lutter contre la surchauffe) soit à favoriser la relance (plan de relance des USA, de l'U.E et de la France de 2009), en accompagnant les mutations structurelles de l'économie.
Objectifs et organisation des politiques économiques
Les objectifs des politiques économiques
Les objectifs de toute politique économique sont ambigus et peuvent être diversement interprétés
En effet, les actions engagées peuvent servir à :
- Soutenir la croissance équilibrée (en cherchant à atteindre les objectifs du « carré magique » de N. Kaldor) par l'utilisation de l'arme budgétaire (en procédant à une relance de type Keynésienne).
- Défendre la croissance par la surveillance de la masse monétaire (et particulièrement de l'agrégat M3) par l'utilisation d'une politique monétaire politique anti-inflationniste (inspirée par M. Friedman).
- Favoriser les adaptations structurelles (régulation des marchés et politiques de concurrence par exemple).
La politique économique en situation statique

Les instruments des politiques économiques
Pour atteindre leurs objectifs, les pouvoirs publics disposent des instruments de la politique économique conjoncturelle et des outils de la politique économique structurelle :
- La politique économique conjoncturelle s'appuie sur des actions à court terme destinées à modifier l'environnement économique immédiat, ou conjoncturel. On distingue donc ici la politique budgétaire (l'évolution du taux de la pression fiscale a un effet immédiat sur les comportements de consommation ou d''épargne des ménages) de la politique monétaire (une baisse du taux d'intérêt favorise a priori la relance de l'investissement, au risque simultané d'une relance de l'inflation).
- La politique structurelle vise à modifier les variables d'environnement à long terme soit par des politiques générales (promotion de la concurrence par le démantèlement des monopoles publics ou par l'ouverture des frontières) soit par des politiques sectorielles, destinées à favoriser l'adaptation de certains secteurs d'activité (politique industrielle vouée, par exemple, rapprocher certaines entreprises afin de faire naitre des « champion européens » ou mondiaux) ou de certaines fonctions (politique de la formation). On notera cependant que dans l'espace Européen, certaines de ces politiques sont directement impulsées par l'U.E. (politique agricole commune, comme pour la formation grâce au processus de Bologne, dit LMD, par exemple).
Le contenu des politiques économiques
Une situation de crise représente, de manière synthétique, un déséquilibre général de marché entre offre et demande. Schématiquement deux courants de pensée s'opposent dans l'explication de cette situation et promeuvent ainsi différentes politiques économiques
Les interprétations théoriques
Un déséquilibre de marché est une défaillance dont la cause peut être liée soit à une insuffisance de marché soit à un excès de marché.
A) La crise, comme insuffisance de marché
Les déséquilibres des marchés résultent essentiellement des entraves juridiques mis à son fonctionnement, ou de l'altération des informations émises par le marché. Sans nier certaines imperfections du marché (présence d'externalités et de bien publics par exemple[1] ni une nécessaire intervention publique (dans les domaines de la défense et de la sécurité, de la justice et de la protection des plus démunis) cette école globalement qualifiée de « libérale » (mais aux multiples courants), recommande le cantonnement des pouvoirs publics dans certaines fonctions régaliennes, seul moyen de promouvoir la liberté économique (au même titre que la liberté politique) et sa contrepartie implicite : le principe de responsabilité individuelle.
Dans cette perspective, beaucoup d'actions mises en œuvre par les pouvoirs publics sont inefficaces, dispendieuses voire contre-productives. Quelques exemples illustrent cette position :
- La pression fiscale produit de la désincitation à l'emploi et in fine, réduit le potentiel de croissance (Arthur Laffer).
- Le système de revenu minimum ne favorise pas le retour à l'emploi et crée la trappe à pauvreté, aliénant simultanément la liberté des bénéficiaires et leur responsabilité.
- Le marché du travail est ici considéré au même titre que le marché des biens et services, sur lequel le prix du travail doit pouvoir s'adapter aux évolutions de la demande des entreprises. Or le Smic[2] contrarie les règles de détermination du prix d'équilibre du travail, en créant une barrière à la baisse, rendant ainsi difficile (ou coûteux) le retour au plein emploi.
- Le financement des besoins publics est générateur d'inflation lors du recours au marché monétaire ou bancaire (Friedman), ou crée un « effet d'éviction » lors du recours au marché financier. Les ménages attirés par les garanties des emprunts d'état délaissent les offres de placement des entreprises. Le marché de l'épargne est ainsi asséché par les besoins de financement des pouvoirs publics.
- Certaines imperfections du marché, telles que les externalités négatives, peuvent être gérées par le marché lui-même sous réserve de la détermination des droits de propriété des acteurs. Le théorème de Coase pose les fondements du fonctionnement de nouveaux marchés (marché du carbone et des « droits à polluer » par exemple) sans recourir aux contraintes fiscales ou réglementaires.
Zoom : Le théorème de Coase et le rôle des droits de propriété
Dans un monde sans coût de transaction et en concurrence parfaite, Coase postule que la création de richesse grâce à l'utilisation des ressources de l'économie est indépendante de la répartition des droits de propriété. Les agents peuvent en effet facilement échanger les droits sur ces ressources pour produire, chacun y trouvant intérêt.
Par conséquent, l'ensemble de la législation afférente à ces droits est inutile. L'allocation des ressources peut se faire directement par le marché de façon optimale et sans l'intermédiaire d'un cadre administratif ou institutionnel. L'argumentation est couramment énoncée comme le "théorème de Coase". Dans l'exemple du "pollueur-payeur", une entreprise rejetant des effluves dans une rivière doit acheter une partie des droits de propriété de l'eau, initialement détenus par les victimes potentielles pour pouvoir produire(1). L'État n'a donc à intervenir qu'une seule fois pour assurer le fonctionnement de l'économie en attribuant initialement les droits de propriété.
Mais les coûts de transaction ne sont jamais nuls. Faire connaître et respecter les droits individuels de propriété se révèle en particulier coûteux pour chaque agent. C'est pourquoi les pouvoirs publics interviennent pour les établir clairement et surtout en assurer le respect.
Source : Problèmes économiques, n° 2637 (27/10/1999) Page 28 |
De manière plus radicale, les politiques économiques sont jugées inefficaces à long terme.
Sur un plan théorique, la politique budgétaire est limitée par les anticipations des agents, capables de prévoir les effets d'un changement de politique économique. Le « théorème de l'équivalence Ricardienne » (Barro) montre la relative inefficacité de la politique budgétaire sur le rythme de la croissance. La proposition d'inefficacité de la politique économique de Sargent et Wallace s'inscrit dans ce courant de pensée (la Nouvelle Économie Classique).
De même, la politique monétaire peut être inefficace et ne produire aucun effet réel sur l'emploi et la production si toute variation de la quantité de monnaie est rationnellement anticipée (Friedman).
Sur un plan empirique, les politiques économiques nationales sont contraintes par les effets de la mondialisation dans les domaines productifs (stratégies des FMN), monétaire (la politique des banques centrales peut être contrée par les mouvements internationaux de capitaux), et budgétaire (le pacte de stabilité et de croissance réduit les marges de manœuvre budgétaire des États).
Dans le cadre de la zone euro, les effets de la politique monétaire n'ont pas nécessairement le même degré d'efficacité sur les économies des États membres compte tenu de l'hétérogénéité des structures productives, des marchés du travail, du degré d'ouverture à l'international, et des différents rythmes de croissance des économies nationales des États membres
Zoom : L'inefficacité des politiques conjoncturelles
L'équivalence ricardiennne montre l'inefficacité de la politique conjoncturelle budgétaire. L'effet des dépenses publiques est totalement indépendant de la façon dont sont financées ces dépenses. Si le financement se fait par emprunt, cela implique que les individus anticipent que des impôts seront prélevés ultérieurement pour payer les intérêts et rembourser le capital, donc ils vont épargner davantage pour acquérir les titres émis par les pouvoirs publics. Leur richesse globale comme leur consommation est alors inchangée. Si le financement est monétaire, les agents prévoient l'émission régulière de nouvelle monnaie, ils anticiperont rationnellement l'érosion de leurs encaisses par l'inflation et épargneront en prévision de cet investissement. Il n'y a donc aucun effet multiplicateur sur la demande globale possible.
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Dans cette optique, les politiques dites de relance par l'offre (« supply side economic » ) doivent s'interpréter comme l'ensemble des actions favorables aux offreurs et à la concurrence, soit par la fiscalité et les prélèvements sociaux, soit par la législation (du travail, du commerce) soit par l'accès aux marchés (autrefois protégés par les administrations) comme par l'accès aux sources de financement.
B) La crise, comme excès de marché
L'école keynésienne montre que l'équilibre général est une exception, et que la croissance durable peut être compatible avec des déséquilibres (durables eux aussi) sur certains marchés (cas de la France puis les années 1970 sur le marché du travail). Le fonctionnement du marché ne peut donc assurer à lui seul le retour à la croissance équilibrée. Cet excès de marché doit donc être contenu par l'intervention publique. Contrairement à la théorie classique pour laquelle la monnaie est neutre ( « La monnaie n'est qu'un voile » – Stuart Mill, 1847), l'école keynésienne montre que les pouvoirs publics peuvent agir sur la conjoncture par l'arme monétaire, grâce à la manipulation des taux d'intérêt (ce qu'implique le titre de l'ouvrage principal de Keynes : « Théorie générale de l'emploi de l'intérêt et de la monnaie » [3] 1936).
Cette intervention publique, qui ne remet pas en cause les fondements de l'économie de marché (libre propriété des moyens de production, liberté des échanges décentralisés et liberté de concurrence), peut être renforcée par l'utilisation contra cyclique du budget de l'État par des politiques interventionnistes de soutien à l'économie. Dans un premier temps, ces actions engendrent un déficit budgétaire, qui doit se résorber ultérieurement par le jeu du multiplicateur d'investissement.[4] et [5]
Zoom : Le multiplicateur d'investissement keynésien
Le multiplicateur keynésien: il exprime la relation entre une variation de la dépense autonome (dépenses publiques, baisse d'impôts, exportations) et la variation du revenu (production) qu'elle entraîne. Une augmentation de la dépense publique (une hausse du salaire des fonctionnaires, par exemple) se traduit par un revenu supplémentaire. Les bénéficiaires en dépensent une partie (l'autre partie étant épargnée). Cette dépense est alors un revenu pour un autre agent dans l'économie qui a augmenté sa production. A son tour, cet agent consomme une partie de ce revenu vers un autre agent qui produit plus et dépense une partie de son revenu etc. Au final, il existe un effet multiplicateur de la dépense initiale qui a induit une production et des revenus supérieurs à sa valeur.
Source :
http://econo.free.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=20&Itemid=28#M |
La mis en œuvre des politiques économiques
La politique économique nationale est contingente à l'histoire à la mission que l'État s'assigne à lui-même, et aux modifications structurelles de l'environnement international.
Compte tenu de son histoire (pouvoir central fort depuis l'ancien régime, décisions économiques de l'immédiate après guerre - nationalisations, création de la sécurité sociale et d'un commissariat général au plan -, création du SMIG en 1950 transformé en SMIC en 1970, nationalisations de 1981-82, création du RMI en 1988, de la CMU en 1999, etc …) la politique économique française a été longuement sensible à la conception keynésienne de l'intervention publique.
A) Jusqu'aux années 1990
En dépit des changements de majorité politique, la France a mené des politiques de relance conjoncturelles de type keynésiennes, par trois moyens :
- La relance par l'offre (ou relance par l'investissement)
La baisse du taux d'intérêt, ou/et l'allégement des charges fiscales pesant sur l'entreprise doivent permettre simultanément l'augmentation des profits et l'incitation à l'investissement, théoriquement créateur d'emplois (voir cependant les problèmes liés aux choix entre investissements de productivité et investissements de capacité).
- La relance par la demande (ou relance par la consommation)
La baisse des prélèvements sur les ménages, et/ou l'augmentation des revenus (directs par les salaires ou indirects par les transferts de revenus indirects) doivent permettre la relance de la consommation, donc de la production, donc de l'emploi (voir cependant les tensions inflationnistes liés à la croissance de la masse monétaire, et donc, à terme, le risque de déclin de la compétitivité-prix sur les marchés extérieurs).
- La relance par le déficit public
La relance par l'investissement (relance par l'offre) ou la relance par la consommation (relance par la demande) supposent à court terme un endettement de l'État qui se traduit par un déficit budgétaire, et qui doit être résorbé à terme. La gestion de ce déficit doit être compatible avec les critères du PCS d'Amsterdam de 1997 (déficit budgétaire limité à 3% du PIB et déficit des finances publiques limité à 60% du PIB).
B) Depuis les années 1990
Avec la création du marché unique de l'UE, puis le passage à l'Euro les politique conjoncturelles perdent partiellement de leur pertinence, de part les contraintes du Pacte de Stabilité et de Croissance (le PCS) d'Amsterdam et de part le statut d'indépendance de la BCE (degré indépendance unique parmi les grandes banques centrales mondiales). La politique budgétaire est désormais encadrée et des politiques sectorielles échappent partiellement aux États, tout comme l'arme monétaire et la fixation des taux d'intérêt.
En économie ouverte, les politiques structurelles prennent une nouvelle importance, destinées à maintenir la compétitivité prix et produit de la production nationale.
Ainsi, depuis les années 1990 on constate de développement d'action destinées à renforcer la concurrence, gage de liberté de choix, de contrôle des prix (par le marché et non plus par l'État), d'innovations et de progrès techniques, a priori favorable aux ménages-consommateurs
C'est dans cette optique qu'il faut analyser la disparition progressive des monopoles publics, et du développement du concept de régulation
Les politiques de relance en 2009
La crise financière de 2008 apparaît, aux yeux de la plus part des économistes comme une crise, non pas du capitalisme, mais la crise d'un certain mode de (non) régulation du capitalisme, liés à l'excès de marché, et à l'absence de règles suffisamment contraignantes de régulations financières internationales.
Dans ce contexte, les plans de sortie mettent tous l'accent sur les interventions budgétaires des États, et pour une moindre mesure, sur l'accompagnement par les banques centrales.
On distinguera ici les réponses nationales des USA, de l'UE et (dans ce cadre) de la France, et la réponse coordonnée du G20 de Londres (avril 2009).
Pour stimuler leur économie, les États-Unis ont lancé en février un plan de relance doté de 787 milliards $. Les pays de l'Union européenne ont engagé des mesures d'un montant total moins important, évalué à 400 milliards d'euros par la Commission européenne pour 2009 et 2010, soit 3,3 % de leur PIB. Le plan Français pèse pour 26 milliards d'euros
Ce chiffre inclut des plans nationaux de relance des gouvernements, des investissements européens mais aussi l'augmentation automatique des dépenses sociales (allocations chômage par exemple) induite en Europe par la crise économique. Ce que les économistes appellent les «stabilisateurs automatiques».
En France
Le plan de relance du 4 décembre 2008[6], et intégré dans la loi de finance rectificative du 4 février 2009[7] prévoit 26 milliards d'euros dont les deux piliers essentiels sont, d'une part, le soutien à la trésorerie des entreprises, et d'autre part, un programme d'investissements publics. Ce plan est articulé autours de 6 axes principaux :
- Accélérer les investissements publics. 10,5 milliards d'euros sont répartis entre investissements supplémentaires de l'État (4 milliards), des grandes entreprises publiques (4 milliards) et des collectivités locales (2,5 milliards).
- Soutenir le secteur de l'automobile. La prime à la casse pour les particuliers qui mettront à la casse un véhicule de plus de 10 ans pour acheter un véhicule neuf non polluant passera à 1 000 euros. Coût estimé : 200 millions d'euros. L'État s'engage en poutre à ouvrir aux organismes de crédit une ligne de refinancement d'un montant de un milliard d'euros pour accorder des crédits aux acheteurs. Les constructeurs automobiles et les sous-traitants bénéficieront d'un fonds d'investissement doté de 300 millions d'euros pour les aider à restructurer la filière.
- Renforcer les entreprises. L'État remboursera début 2009 par anticipation leurs dettes aux entreprises à hauteur de 11,5 milliards.
- Stimuler l'emploi. Les entreprises de moins de 10 salariés bénéficieront d'une exonération de cotisations sociales jusqu'à 1,6 fois le Smic pour toute nouvelle embauche en 2009. Le coût estimé de cette mesure est de 700 millions d'euros. L'État financera à hauteur de 500 millions d'euros les mesures en faveur de l'emploi annoncées le 25 novembre.
- Investir pour le logement. Construction de 70 000 logements sociaux auxquels s'ajoute l'achat à un prix décoté par les bailleurs sociaux de 30 000 logements dont les travaux n'ont pas été lancés faute de certitude sur les ventes. Doublement du prêt à taux zéro : celui-ci sera doublé pour l'achat dans l'immobilier neuf. Au total pour la période 2009-2010, 1,8 milliard d'euros supplémentaires seront dévolus au logement.
- Soutenir les ménages modestes par une aide spécifique pour les familles les plus modestes. Dans l'attente de la mise en œuvre du revenu de solidarité active, l'État versera à la fin mars 2009 une prime de 200 euros à quelque 3,8 millions de ménages modestes. Le coût de la mesure est estimé à 760 millions d'euros.
La relance aux USA
Le Plan de relance économique des États-Unis de 2009 proposé par le gouvernement des États-Unis et accepté par les deux chambres prévoit un programme qui coûtera environ 789 milliards $. Le plan est mis en place pour principalement tenter de « créer ou sauver trois à quatre millions d'emplois » . Annoncé entre février et avril 2009, ce plan prévoit :
- 75 à 200 milliards de $ pour les propriétaires de leur résidence principale, afin d'éviter à au moins 7 millions de propriétaires américains la saisie de leur résidence.
- L'acquisition par la Fed pour 300 milliards de $ d'obligations du Département du Trésor des États-Unis, et des dettes de Fannie Mae et Freddie Mac pour 100 milliards de $. Ces opérations ont, entre autres, pour but d'augmenter la liquidité sur les marchés de l'emprunt.
- 13 milliards de $ pour financer la mise en place de différents corridors ferroviaires pour le transport de passagers par TGV
Les résultats du sommet du G 20 (Londres avril 2009) °
Le G20 a pris quatre orientations décisives pour tenter de contrôler la crise : des moyens de financement supplémentaires (pour 1 000 milliards de dollars ou 745 milliards d'euros) de nouvelles règles, des institutions internationales renforcées et l'admission des pays émergents à la table des pays riches.
- Triplement des moyens du FMI (de 250 à 750 milliards de $).
- Mise à l'index des paradis fiscaux et contrôles accrus pour les fonds spéculatifs. Les dirigeants du G20 ont accepté la publication par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), de la liste des paradis fiscaux non coopératifs
- Renforcement des pouvoirs du Forum de stabilité financière (FSF) au profit des banques centrales. Cette organisation, invitée à détecter les risques financiers, doit devenir "une organisation mondiale de la finance",
- Élargissement du G 7 aux grands pays émergents, pour débloquer le cycle de l'OMC de négociation commerciale de Doha, lancé en 2001 et enlisé depuis cette date.
Zoom : Le G20 = Le G8 + dix pays émergents + l'Australie + l'UE
Le G20 (90 % du produit intérieur brut mondial) rassemble les pays du G8 (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada, Russie) ainsi que dix pays émergents : l'Afrique du Sud, l'Arabie saoudite, l'Argentine, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l'Inde, l'Indonésie, le Mexique et la Turquie. On y ajoute l'Australie et l'Union européenne
Le G20 s'est réuni pour la première fois en 1999, à Berlin, pour lutter contre les crises financières, en tenant compte du poids grandissant de pays émergents.
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VI - Conclusion : Vers un bilan et une sortie de crise ?
La note Insee conjoncture du 19 juin 2009[8] envisage une sortie de crise à la fin de l'année 2009. Mais la crise aura détruit avec près de 700.000 emplois détruits dans le secteur privé en 2009.
Après des contractions de 1,5% au quatrième trimestre 2008 et de 1,2% sur les trois premiers mois de 2009, le produit intérieur brut baissera encore de 0,6% au deuxième trimestre et de 0,2% au troisième, avant une stabilisation au quatrième trimestre. Au total le PIB devrait se contracter de 3% sur l'ensemble de l'année, une baisse sans précédent depuis 1949 qui ramènerait, en volume, la production de richesse nationale à quelque 1.595 milliards d'euros, un peu en-dessous de son niveau de 2006.
L'Insee attend ainsi des contractions de 6,9% en Allemagne en 2009, de 6,1% en Italie, de 5,2% dans la zone euro, de 3,4% aux États-Unis, de 3,8% au Royaume-Uni et de 7,2% au Japon.
Le taux de chômage devrait ainsi grimper à 10,1% en France métropolitaine à la fin de l'année, soit son niveau le plus élevé depuis 1999 et une hausse de 2,5 points en un an. Au premier trimestre, le taux de chômage était de 8,7% en France métropolitaine, avec 193.000 destructions d'emplois dans les secteurs principalement marchands. L'Insee en attend encore 178.000 au deuxième trimestre, 177.000 au troisième et 152.000 au quatrième
Le taux d'inflation, passé sous zéro en mai pour la première fois depuis 1957, resterait négatif tout l'été avant de remonter en fin d'année (+0,6% prévu à fin décembre), reflétant ainsi le prix du baril de pétrole (à 60 dollars au deuxième semestre 2009). L'inflation sous-jacente, autrement dit hors éléments volatils comme le pétrole et l'alimentation, resterait au-dessus de zéro avec un niveau de 1,6% en fin d'année.
Sur les imperfections du marché, voir sur le site du CERPEG : (L'activité économique : les acteurs)
http://www.cerpeg.ac-versailles.fr/ressdiscipl/economie/ecogene/activeco1.htm
Le SMIC :
http://www.minefi.gouv.fr/fonds_documentaire/Prevision/dpae/pdf/2004-043-39.pdf
Théorie générale Keynesienne :
http://www.etudiants.ch/upload/documents/book/etufile_142_theorie-generale_de_l_emploi.pdf
Le multiplicateur Keynésien :
http://geronim.free.fr/ecogene/approfondissements/approf14.htm
Le multiplicateur :
http://www.lyc-arsonval-brive.ac-limoges.fr/jp-simonnet/spip.php?article213
Le plan de relance :
http://www.gouvernement.fr/gouvernement/le-plan-de-relance-pour-l-economie
Loi du 4 février 2009 de finances rectificative pour 2009 :
http://www.vie-publique.fr/actualite/panorama/texte-discussion/projet-loi-finances-rectificative-pour-2009.html
Note conjoncture 19 juin :
http://www.insee.fr/fr/themes/theme.asp?theme=17&sous_theme=3&page=vueensemble.htm
Pour aller plus loin...
Webographie
Crise économique : le retour de Keynes :
http://www.alternatives-economiques.fr:80/la-crise-economique-en-france_fr_art_633_40753.html
La crise des "subprimes" : de la crise financière à la crise économique :
http://www.insee.fr/fr/indicateurs/analys_conj/archives/mars2009_d1.pdf
Keynes et la théorie générale :
http://www.alternatives-economiques.fr/theorie-generale-de-l-emploi,-de-l-interet-et-de-la-monnaie-john-maynard-keynes_fr_art_222_25310.html
L'équivalence Ricardienne :
http://www.christian-biales.net/documents/Choixintertemporels.pdf
Les politiques économiques (lexique) :
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/revues-collections/problemes-economiques/theories/politiqueeco.shtml
L'effet Ricardo-Barro :
http://www.melchior.fr/Equivalence-ricardienne-ou-eff.3928.0.html
L'harmonisation des politiques économiques européennes :
http://www.senat.fr/rap/r08-342/r08-342-syn.pdf
Bibliographie
|
Titre |
Editeur |
Auteur |
| Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie |
Payot, 1998 |
John Maynard Keynes |
| Globalisation, le pire est à venir |
La Découverte |
P. Artus, MP Virard |
| La crise |
Michalon |
M. Aglieta |
| Vingt-sept questions d'économie contemporaine |
Albin Michel |
D. Cohen, P. Askenasy |
| Quand le capitalisme perd la tête |
Le livre de poche |
J. Stieglitz |
| Les politiques économiques |
La Documentation française - Les cahiers français n.335 |
O. Montel-Dumon |
| Les grandes crises 1873, 1929, 1973 |
A. Colin |
B. Marcel, J. Taieb |
© Cerpeg - Septembre 2009