Le financement de l’entreprise : la gestion financière
Par Jean-Pierre TESTENOIRE
Définitions et contraintes
Le financement à court terme
Le financement à long terme (financement stable)
Les choix du mode de financement
Notes
Pour aller plus loin...
Définitions et contraintes
La gestion financière regroupe l’ensemble des décisions
et actions de l’entreprise destinées à équilibrer
les besoins et les ressources de financement à long terme comme
à court terme. C’est l’ensemble des activités de collecte
et de gestion des fonds nécessaires au fonctionnement de la firme.
La gestion financière doit agir sous quatre contraintes :
- la solvabilité de la firme en permettant à
tout moment d’honorer les dettes exigibles ;
- la pérennité : choix des investissements et mode de
financement ;
- la disponibilité des placements effectués suite à
un excédent de trésorerie ;
- la rentabilité des placements en comparant les résultats
obtenus avec les moyens mis en œuvre.
D’une manière générale, on distingue les besoins
de financement liés au cycle d’exploitation (financement à
court terme), des besoins liés au financement des investissements
(financement à long terme).
Le financement à court
terme
Les besoins d’exploitation
Le cycle d’exploitation (phase d’approvisionnement + phase de production
+ phase de commercialisation de l’activité principale de l’entreprise)
donne naissance à des besoins de financement. Ces besoins proviennent
du décalage entre la période de décaissement (achat
de matières premières et marchandises, paiement des services
et des salaires) et la période d’encaissement (vente et règlement
des produits finis et marchandises). La partie des besoins non financés
par les ressources du cycle d’exploitation représente le BFRE.
C’est la différence entre les actifs d’exploitation qui engendrent
des besoins de financement (stock + créances clients) et les
passifs circulants qui engendrent des ressources de financement (dettes
fournisseurs). Le BFRE doit être financé par des ressources
stables. Le FdR (fonds de roulement) est la différence entre
les ressources stables et durables et les emplois stables et durables.
L’équilibre financier
L’équilibre financier suppose un financement adapté
pour chaque type de besoin. Pour respecter la règle de l’équilibre
financier, l’entreprise doit disposer d’un FdR au moins égal
à son BFRE :
- Si FdR > BFRE, la firme dispose alors d’un excédent de
ressource en trésorerie (ensemble des actifs liquides détenus
par l’entreprise et immédiatement disponibles).
- Si FdR < BFRE, la différence doit alors être financée.
Le financement du BFRE :
- L’ajustement interne : les déficits actuels sont financés
par les excédents passés (épargne de l’entreprise).
- L’ajustement externe non bancaire :
- Le crédit interentreprises sous forme de crédit
(ou délai de paiement) consenti par le fournisseur à
son client).
- Billet de trésorerie : titre négociables, émis
par les entreprises à besoin de financement et placé
auprès des entreprises à trésorerie excédentaire.
- L’ajustement externe bancaire ou financier :
- Crédits de trésorerie, facilités de caisse,
découverts, crédits relais.
- Crédit de campagne (pour financer une augmentation passagère
des besoins de financement en raison d’une augmentation de sa
production).
- Engagement par signature (acceptation, caution, aval).
- Opérations d’escompte (opération de crédit
par lequel le banquier met à disposition de son client
le montant d’une remise d’effets avant l’échéance
de ces derniers, moyennant un intérêt appelé
escompte), dont le crédit de mobilisation de créances
commerciales (CMCC) et les LCR.
- L’affacturage (factoring).
Le financement à long terme
(financement stable)
Pour préserver son équilibre financier, la firme doit
financer ses besoins à long terme par des ressources stables,
restant durablement à la disposition de l’entreprise. Ces besoins
à long terme sont généralement des besoins d’investissement.
Le financement des investissements peut être assuré par
des ressources internes ou des ressources externes :
- Financement interne :
- Utilisation de la CAF pour l’autofinancement (voir évolution
du partage de la VA). L’autofinancement représente les
ressources dégagées par la firme afin de financer
ses propres investissements. La CAF disponible est égale
à la CAF globale diminuée des dividendes versés
aux actionnaires/propriétaires.
- Cession d’éléments d’actifs (terrains) ou désinvestissements.
- Financement externe : on distingue le financement bancaire (ou
intermédié) du financement direct :
- Financement bancaire, ou financement intermédié
:
- L’emprunt indivis : C’est l’accès pour un emprunt
unique à des fonds à long et moyen terme, mis
à sa disposition par une banque (ou un établissement
financier spécialisé).
- Le crédit bail, ou leasing est une location longue
durée avec promesse d’offre de vente en fin de contrat.
- Financement direct auprès du marché financier
:
- La souscription de capital (lors de l’introduction sur le
premier marché des valeurs mobilières (bourse),
sous la forme d’introduction d’actions. L’action est un bien
meuble, qui représente une part de propriété
du capital de la société émettrice et
à laquelle sont attachés deux droits : Un droit
à la rémunération (dividende) et un droit
à la participation à la gestion (participation
aux AG des actionnaires et droit de vote).
- L’augmentation de capital, par apport en numéraire.
- L’emprunt obligataire, ou émission d’obligation,
c’est à dire de part d’une dette unique donnant droit
à une rémunération fixe, appelée
intérêt.
- Émission de titres spéciaux tels que les certificats
d’investissement, les actions avec double droit de vote, les
actions prioritaires…
Les choix du mode de financement
- Les choix du financement à long terme (financement stable)
:
- L’autofinancement permet de financer des investissements risqués,
de maintenir l’indépendance financière, et de conserver
intact la possibilité d’emprunt externe. L’analyse de l’effet
de levier financier peut cependant justifier du recours à
l’endettement bancaire (voir ci-dessous).
- L’apport en capital garantit l’autonomie financière
de la firme mais entraîne une dilution du pouvoir et un
partage du résultat entre des mains plus nombreuses.
- L’endettement bancaire dont le choix d’endettement dépend
de la prise en compte de trois contraintes : le prix de l’autonomie
financière; le coût de l’emprunt; le degré
de risque du projet. Ce choix dépend souvent de l’analyse
de l’effet de levier[1], c’est à dire du mécanisme
qui consiste, pour l’entreprise, à accroître la rentabilité
de ses capitaux propres en recourant partiellement à l’emprunt
pour financer ses investissements. La firme bénéficie
d’un effet de levier positif si le coût de l’emprunt (taux
d’intérêt et coûts annexes) est inférieur
à la rentabilité des capitaux, et d’un effet de
levier négatif dans le cas inverse.
- Le crédit bail est un mode de financement rapide et souple
qui n’entraîne pas d’immobilisation de fond, avantageux
dans le cas des technologies à renouvellement rapide (informatique).
Cependant son coût est généralement élevé
(sauf possibilité de déduction fiscale partielle).
- Les choix du financement à court terme :
- Le crédit interentreprises, dont l’importance varie avec
la taille et le secteur d’activité de l’entreprise (important
dans le cas de la grande distribution) n’induit pas de charges
fixes, échappe au système bancaire, mais peut poser
des problèmes de trésorerie (petites PME et TPE
notamment).
- Les crédits de trésorerie, comme les autorisations
de découverts bancaires sont souples et rapides mais leurs
coûts sont généralement élevés.
- L’affacturage reporte, pour l’entreprise le risque d’insolvabilité
du client sur le factor, mais le coût de cette technique
est relativement élevé.
- L’escompte et les techniques du CMCC sont répandus car
moins risqués pour la banque (qui se retourne vers l’entreprise
en cas de défaillance du débiteur) mais le volume
escomptable est limité par un plafond.
Notes
1. Voir sur le document de Pierre Richard,
à :
http://www.ecogesam.ac-aix-marseille.fr/Echang/FAQ/efflev.htm
Pour aller plus loin...
Webographie
Le CRCF de l’académie de Grenoble :
http://crcf.ac-grenoble.fr/index.php
Sur le site de Sciences po
http://coursenligne.sciences-po.fr/2004_2005/economie/cours_pvial/
Finance d’entreprise, Pierre Vernimmen (CH 18)
http://www.vernimmen.net/html/divers/plan_du_livre.html
Le site de l’académie de Bordeaux
http://www.ac-bordeaux.fr/Etablissement/SudMedoc/ses/1999/lev_acc1.htm
Le site de l’IUT de Bayonne
http://www.iutbayonne.univ-pau.fr/~berterre/FormationsGestion/
L’art de la finance (Les échos du 16 septembre 2006)
http://www.lesechos.fr/formations/finance/articles/article_4_2.htm
Le site Netpme
http://www.netpme.fr/banque-entreprise/
http://www.netpme.fr/banque-entreprise/410-financement-investissements.html
Bibliographie
| Titre
|
Editeur |
Auteur |
| Les modes de financement
de l'entreprise |
Eyrolles |
Hervé Ghannad
-De Vecchi |
| Gestion financière |
Dunod |
Bruno Solnik |
| Le contrôle
de gestion |
Litec |
D. larue, Guy
Dumas |
| Finance d’entreprise |
Dalloz |
Pierre Vernimmen |
©
Cerpeg 2006