Les PME
Par Jean-Pierre TESTENOIRE, professeur d'Économie-gestion
au lycée Les Bruyères - Académie de Rouen.
I - Définitions
II - Le poids économique des PME
III Les spécificités des PME
VI- L’évolution des PME
Pour aller plus loin...
Depuis une vingtaine d’années, les politiques de lutte contre
le chômage encouragent la création d’emplois dans le secteur
des services, en raison notamment de la tertiarisation croissante de
nos économies. Réputé insuffisamment développé
par rapport à ce qui est observable dans d’autres pays, les Etats-Unis
notamment, ce secteur peut constituer un réservoir significatif
d’emplois et de croissance du revenu par habitant. Cette création
de richesse s’opèrerait notamment grâce aux PME.
I - Définitions
Il n’y a pas de définition unique des PME. Les critères
retenus diffèrent selon les textes législatifs ou réglementaires
instituant des dispositifs d’aides en direction des PME. En règle
générale, ce type d’entreprise est caractérisé
par deux critères principaux : l’indépendance juridique
et la taille de l’effectif. Ainsi, de manière très générale
on retient traditionnellement les entreprises dont l’effectif est compris
entre 10 et 499 employés.
1 - L’Insee précise qu’ « en France il n'existe pas de
définition officielle unique, mais on utilise le plus souvent
dans les statistiques soit le seuil de 250 salariés, soit celui
de 500 salariés. »
« Les petites et moyennes entreprises (PME) sont des entreprises
dont la taille, définie par un ensemble de critères, dont
essentiellement le nombre de salariés, ne dépasse pas
certains seuils. Les autres critères de taille utilisés
sont le chiffre d'affaires annuel ou le total du bilan, et on utilise
parfois de plus un critère d'indépendance s'exprimant
sous la forme de non-appartenance à un groupe trop important.
Les seuils retenus, et en particulier le seuil du nombre de salariés,
sont variables suivant les pays et l'objet de la définition :
application d'une réglementation ou calcul de statistiques. Eurostat
et la plupart des pays emploient le seuil de 250 salariés. En
France il n'existe pas de définition officielle unique, mais
on utilise le plus souvent dans les statistiques soit le seuil de 250
salariés, soit celui de 500 salariés .
Quant au critère d'indépendance, s'il existe un accord
général sur le fait qu'une PME ne doive pas appartenir
à un grand groupe, il est toutefois difficile à mettre
en œuvre au niveau des statistiques. »
Source :
http://www.insee.fr/fr/nom_def_met/definitions/html/petite-moyenne-entreprise.htm
2 - L'Union européenne a, dès avril 1996, adopté
une recommandation sur la définition des petites et moyennes
entreprises. Actualisée en mai 2003, cette recommandation (n°
2003/361/CE) stipule, en ce qui concerne le seuil d'effectif et les
seuils financiers, que les PME sont constituées des entreprises
qui occupent moins de 250 personnes et dont :
- soit le chiffre d'affaires n'excède pas 50 millions d'euros,
- soit le total du bilan annuel n'excède pas 43 millions d'euros.
3 - Le site du ministère de l’économie et des finances
consacré aux PME retient parfois d’autres seuils. http://www.pme.gouv.fr/economie/chiffreclefspme/introduction.pdf
« En France on avait, depuis l’après-guerre, l’habitude
de considérer comme PME les entreprises comptant de 10 ou 20
(pour l’industrie) personnes à moins de 500 personnes. Une recommandation
de l’Union Européenne du 3 avril 1996 clarifie la situation :
sont considérées comme PME les entreprises ayant moins
de 250 salariés, lesquelles sont déclinées en «
micro-entreprises » (0 à 9 salariés), en «
petites » (10 à 49) et en « moyennes » (50
à 249). Pour les besoins de l’analyse des PME françaises,
et notamment des PME industrielles, il a été introduit
la catégorie supplémentaire des « très petites
entreprises » (10 à 19 salariés). Le critère
d’indépendance est pris en compte en éliminant du champ
des PME certaines entreprises à partir de seuils de chiffre d’affaires
ou de données financières ».
Source : http://www.pme.gouv.fr/economie/
Le ministère de l’économie et des finances retient la
répartition suivante :
| Type d’entreprise |
Effectif |
| Micro-entreprises |
« 0 à 9 » |
| Très petites entreprises (TPE) |
« 10 à 19 » ou encore «
0 à 19 » |
| Petites entreprises |
« 20 à 49 » ou encore «
0 à 49 » |
| Moyennes entreprises |
« 50 à 249 » |
| Petites et moyennes entreprises (PME) |
« 0 à 249 » |
.
| Les PME et les PMI
Les PME représentent un type d'entreprise, alors que les
PMI représentent un type d'activité. Les PMI sont
des PME dans le domaine industriel, dans des activités
industrielles à faible coefficient de capital (ou faible
intensité capitalistique), où l'investissement est
plus faible qu'ailleurs (textile, bois, chaussures, transport).
De ce fait les activités des PMI sont souvent gérées
par des PME mais pas exclusivement (grands groupes textiles, de
jouets etc....).
Ainsi, les PME sont présentes dans le secteur de la distribution
(commerce de proximité), des transports, des services,
marchands, des biens de consommation courante et alimentaire,
et le secteur du bâtiment |
II - Le poids des PME dans l’économie
Depuis une vingtaine d’années, les politiques de lutte contre
le chômage encouragent la création d’emplois dans le secteur
des services, en raison notamment de la tertiarisation croissante de
nos économies. Réputé insuffisamment développé
par rapport à ce qui est observable dans d’autres pays, les Etats-Unis
notamment, ce secteur peut constituer un réservoir significatif
d’emplois et de croissance du revenu par habitant. Cette création
de richesse s’opèrerait notamment grâce aux PME.
Source : http://www.pme.gouv.fr/seminaires/programme27avril.pdf
L’OCDE étudie cette problématique au niveau international.
De nombreux pays ont élaboré des politiques en faveur
des PME, prenant ainsi la « taille » comme caractéristique
importante de différentiation. S’ils ont agi ainsi c’est notamment
pour contrebalancer les préjugés réels ou perçus
à l’encontre des petites entreprises qui peuvent résulter
de certaines réglementations ou des politiques fiscales ou du
marché du travail. Le soutien aux PME se justifie également
par leur rôle dans la création d’emplois. Depuis que David
Birch (1981) a fait remarquer qu’aux États-Unis les petites entreprises
jouaient un rôle majeur dans la création d’emplois, on
a beaucoup débattu de la validité de ces résultats
pour l’ensemble des pays, des secteurs et des périodes.
Source : https://www.oecd.org/dataoecd/18/29/2493085.pdf
Quatre éléments essentiels permettent de caractériser
le poids économique des PME :
1 - Les PME de moins de 250 salariés, au nombre de 2 088 000,
représentent 58 % de l’emploi salarié et 63 % de l’emploi
total (y compris les non salariés), 53 % de la valeur ajoutée,
24 % des exportations et 36 % de l’investissement corporel.

Source : http://www.pme.gouv.fr/economie/
2 - Le poids des PME est très variable dans les économies
régionales. En termes de densité régionale – nombre
de PME de moins de 250 salariés pour 100 000 habitants –trois
grandes zones géographiques apparaissent clairement : la moitié
sud où la densité est la plus forte, avec un maximum pour
les régions méditerranéennes, un quart nord-est
où la densité est la plus faible,entre les deux une zone
intermédiaire, l’Ile de France se distinguant des régions
voisines par une densité proche de celle des régions méditerranéennes.
3 - Les PME jouent un rôle essentiel dans le commerce et les
services. En terme d’emploi, les « services personnels »
(coiffure…), le « commerce et réparation automobile »,
les « hôtels et restaurants » , les « services
personnels », sont les secteurs les moins concentrés :
les PME de moins de 250 salariés représentent plus de
75 % de l’emploi du secteur. A l’inverse les « services opérationnels
» (qui sont des services de main d’œuvre comme l’intérim,
le nettoyage, la sécurité …) sont fortement concentrés
: les PME représentent à peine plus du tiers de l’emploi
total.
4 - Structure de l’emploi salarié dans les PME : tous secteurs
confondus, la part des femmes dans l’emploi salarié s’élève
à 42 % dans les PME comme dans les grandes entreprises. Dans
l’industrie et les services le taux de féminisation est supérieur
dans les PME, dans le commerce ce taux est plus élevé
dans les grandes entreprises de plus de 250 salariés. Le salaire
annuel brut moyen par salarié à temps complet est inférieur
dans les PME par rapport aux grandes entreprises, aussi bien pour les
femmes que pour les hommes, et pour tous les secteurs.

III - Les spécificités
des PME
On distinguera ici les particularités structurelles des PME,
des spécificités qui en découlent.
Les PME se distinguent essentiellement par trois caractéristiques
:
Juridiques
Hormis le statut de commerçant (personne physique), les PME sont
souvent des sociétés de personnes, ou des sociétés
de capitaux, de type SARL ou EURL. De ce fait la distinction entre propriétaire
et exploitant (ou pouvoir et propriété) n'existe pas dans
les petites PME, le propriétaire (du capital) étant aussi
le plus souvent directeur, ou gérant. Par ailleurs, les seuils
du droit du travail expliquent l'absence fréquente de CE (obligatoire
à partir de 50 salariés), et de bilan social (obligatoire
à partir de 300 salariés). La seule structure représentative
permanente est souvent constituée par le délégué
du personnel (obligatoire à partir de 11 salariés). Enfin,
compte tenu de l’effectif, les sections syndicales d'entreprise sont
rares dans les PME.
Organisationnelles
Du fait de sa petite taille, l'organisation de la PME est souvent informelle,
et plus souple que celle des grandes entreprises. De là provient
une capacité d'adaptation meilleure que celle des grands groupes,
et une part des frais de structure plus faible.
Fiscales
Les PME sont soumises soit à l'IS, soit au régime des
BIC, en fonction de leur statut juridique. Elles représentent
60% des effectifs salariés des entreprises imposées au
régime des BIC.
Ces caractéristiques entrainent trois conséquences essentielles
:
Le financement des investissements
Du fait de leur nature de société de personne, ou du fait
de la faiblesse du capital, et du nombre d'associés propre aux
SARL, les PME ne bénéficient pas de conditions d'emprunt
avantageuses auprès des banques (absences de garanties financières,
cautions ou garanties personnelles exigées sur le patrimoine
du propriétaire). De plus, les SARL n'ont pas accès au
marché financier, contrairement aux SA qui peuvent se financer
sur le marché des valeurs mobilières (bourse et émission
d'obligations; actions, certificat d'investissement, billet de trésorerie
etc....).
Les coûts salariaux
Compte tenu du niveau de qualification moyen, plus faible que dans les
grands groupes à haute intensité capitalistique, le niveau
des salaires moyens est généralement moins élevé
dans les PME, particulièrement dans les activités de services
qui emploient souvent du personnel feminin. Enfin, la faiblesse de la
structure administrative amplifie ce phénomène.
Les performances économiques
La productivité du travail (VA par salarié) est inférieure
dans les PME à celle des grandes entreprises, en raison de la
faiblesse du capital productif. Enfin, les PME sont peu présentes
à l'exportation. 36% des entreprises exportatrices sont des PME
qui représentent 21% des importation et 31% des exportations.
IV - L’évolution des PME
Depuis 25 ans, les pertes d'emplois dues aux grandes entreprises (notamment
industrielles) sont deux fois plus nombreuses que celles dues aux PME
(majoritairement présentes dans les services), ce qui explique
la progression de la part des salariés employés dans les
PME dans l’emploi total depuis 25 ans.
1. L’évolution du nombre de PME est lié
à deux mouvements
- Une forte "hausse démographique" des PME. La progression
du nombre de création d'entreprises de type TPE puis PME s'explique
notamment par la reconversion de certains chômeurs (utilisation
des primes de départ) et par la "mise à son propre
compte" de cadres ou de jeunes diplômés. [1]
| « En 2005, le nombre
de créations d’entreprises est en légère
baisse. Après deux années de forte hausse, les
créations de nouvelles entreprises se maintiennent :
225 000 en 2005. En revanche, les reprises et les réactivations
se réduisent. Les créations sont toujours en plein
essor dans l’immobilier et la construction. Au contraire, elles
baissent dans l’hôtellerie restauration et les transports.
Parmi les créations de nouvelles entreprises, 86,5 %
se font sans salarié. Les créations de nouvelles
entreprises n’augmentent que pour ces entreprises sans salarié,
où le créateur ne génère que son
propre emploi. Le nombre de chômeurs créateurs
aidés a plus que doublé depuis 2002 ».
Source : « En 2005, les créations d’entreprises
se maintiennent à un haut niveau » : Insee première,
N° 1063 janvier 2006. http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ip1063.pdf |
- Une forte "mortalité infantile" des PME : 20% des
PME n'atteignent pas leur premier anniversaire, et 50% disparaissent
avant 5 ans. Ce phénomène est du à l'absence
de formation des dirigeants, aux problèmes de financement,
à des choix stratégiques malheureux (étroitesse
de certains marchés ou de certaines zones de chalandise)
Au total, depuis les années 1980, la part des PME dans l'emploi
s'est accrue[2].
2. Les PME et l’emploi
Le poids des PME diffère fortement selon le secteur d’activités.
Si dans l’industrie et les transports, les PME de moins de 250 salariés
représentent un peu moins de la moitié de l’emploi salarié
(soit environ 45 %), dans le bâtiment-travaux publics elles concentrent
86 % de l’emploi salarié, 69 % dans le commerce, 60 % dans les
industries agricoles et alimentaires et 53 % dans les services.
Dans l’ensemble des secteurs de l’industrie, du commerce et des services,
les PME de moins de 250 salariés représentent 58 % de
l’emploi salarié (soit 8,2 millions de salariés sur un
total de 14,1millions). [1]
3. La résistance des PME
La vitalité des PME s'explique notamment par :
- Un effet de positionnement globalement favorable; la majorité
des PME est implantée dans le domaine des services, ou la croissance
est plus élevée que dans les autres secteurs.
- Une meilleure résistance au déclin dans le secteur
des biens industriels intermédiaires, compte tenu de la gestion
plus souple de la main d'œuvre, de l'absence d’opposition syndicale,
et de salaires plus faibles.
- Un meilleur ancrage dans le tissu régional, qui les rapproche
de leurs marchés et des décideurs locaux, économiques
et institutionnels (collectivités locales, CCI etc...).
- Le recours à des stratégies spécifiques d’évitement
(stratégies de créneaux ou de niches technologiques,
et stratégies de distinction), ou à des stratégies
de coopération au niveau national (sous-traitance) comme au
niveau international (le portage à l’exportation par des réseaux
d’entreprise ou bien par l’essaimage).
- Un soutien massif de l’Etat, soit par l’allégement de charge
sociales sur les bas salaires, jusqu’à 140% du SMIC (mesure
dont bénéficie les PME en premier lieu), et par un ensemble
de mesures d’aides à l’implantation (les pépinières
d’entreprises de l’ex DATAR), d’aides à l’innovation (par le
soutient du réseau des ANVAR), d’aides au financement (par
le réseau des BDPME), d’aides à l’exportation (COFACE)
etc.…[2].
Notes
[1] Nouvelles entreprises, cinq ans après l’expérience
du créateur prime sur le diplôme
Insee première, N° 106, janvier 2006 : http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/IP1064.pdf
[2] Minefi : http://www.pme.gouv.fr/economie/chiffreclefspme/introduction.pdf
Pour aller plus loin...
Webographie
Les chiffres clés des PME :
http://www.pme.gouv.fr/
Loi en faveur des PME du 2 août 2005 :
http://www.pme.gouv.fr/grands-dossiers/loi_ent.htm
Loi sur l’initiative économique du 1er août 2003 :
http://www.pme.gouv.fr/essentiel/vieentreprise/creaentre.htm
Des sites pour les PME
Le site de la Confédération Générale des
PME(CGPME)
http://www.cgpme.org/
Planète PME
http://www.planetepme.org/?
TMP-PME.com
http://www.tpe-pme.com/
AGEFOS
http://www.agefos-pme.com/
NetPME
http://www.netpme.fr/
Une étude du Medef
http://www.medef.fr/medias/files/102240_FICHIER_0.pdf
Bibliographie
| Titre
|
Editeur |
Auteur |
Comprendre l'entreprise
:
Théorie, gestion, relations sociales |
Armand Collin |
Tony Alberto,
Pascal Combemale |
| La PME, une entreprise
humaine |
De Boeck Université |
Robert Wtterwulghe
|
| L’entreprise et
son environnement économique |
Ellipses |
Martin Jean-Pierre
|
| Stratégies
des PME et intelligence économique |
Ed Lavoisier |
Salles Maryse |
| PME 2005 : rapport
OSEO sur l'évolution des PME |
Ed Lavoisier |
Ouvrage collectif |
| Perspectives de
l'OCDE sur les PME et l'entrepreneuriat, ed 2005 |
Ed Lavoisier |
Ouvrage collectif |
| La PME, l'entreprise
de l'avenir |
Gualino |
Gilles Lecointre |
©
Cerpeg - Avril 2007