Le management : de l'individu comme
paramètre à l'individu comme ressource
Les précurseurs
La pensée de Taylor…et ses applications
Henri Fayol et la naissance du management
Chester Barnard : organisation et performance
L'école des relations humaines et ses fils spirituels
Les expériences d'Hawthorne (1927-1932)
Les théories de la motivation
Le 20e siècle permet de faire avancer les théories traditionnelles
L'école socio-technique du Tavistock institute
Les behaviouristes
L'approche psycho-sociologiqueL
es théories de l'information et de la communication, nécessaires
aux nouvelles conceptions du management
Les précurseurs
Dès la fin du 19e siècle, des auteurs se posent des questions
clés sur les organisations et donc sur la façon de les
gérer, c'est la naissance du management. La plupart sont des
ingénieurs. Leurs préoccupations sont donc avant tout
pratiques et opérationnelles :
Comment rationaliser la production ?
Quelle domination est légitime dans les organisations ?
Comment améliorer les performances des individus et, partant,
celles de la firme ?
Toutes les approches, traditionnelles jusqu'à celles nouvellement
développées ont un point commun : elles ont toutes
une vocation normative, c'est-à-dire à définir
ce qui doit être. En ce sens, la succession de ces théories
n'est pas à chaque fois une révolution, mais bien une
évolution, liée à des phénomènes
plus larges : l'environnement économique, social, mondial,
technologique permet la constitution de nouveaux corpus théoriques
applicables.
La pensée de Taylor ... et ses applications
Les travaux de F. W. Taylor répondent à plusieurs interrogations
posées par les organisations de la révolution industrielle,
notamment sur l'efficacité de l'organisation et sur la rémunération.
Taylor pose le principe de la séparation stricte entre la conception
et l'exécution du travail, entre « les cols bleus
et les cols blancs », pour améliorer la productivité.
Ce système permet d'optimiser une tâche en identifiant
le savoir-faire individuel nécessaire pour utiliser une machine
particulière. Ce savoir-faire individuel est isolé du
savoir-faire collectif qui reste de la responsabilité de l'encadrement.
Taylor souhaite appliquer les principes de l'investigation scientifique
à tous les domaines du travail, c'est l'O.S.T. ou Organisation
Scientifique du Travail. Il existe une façon de bien faire, c'est
le « one best way ».
Il en résulte quatre nouvelles tâches pour les gestionnaires
: développer une méthode scientifique permettant de remplacer
les systèmes traditionnels de gestion des connaissances ; sélectionner,
entraîner et développer les compétences des travailleurs
; coopérer avec les travailleurs pour suivre les principes de
l'OST ; répartir les responsabilités entre les travailleurs
et les managers. Ces nouveaux modes d'organisation sont également
conçus pour permettre une rémunération supérieure
du salarié dès lors que les prescriptions sont suivies.
Taylor n'a pas conceptualisé le travail à la chaîne.
Ses successeurs le feront (l'exemple type est celui d'Henri Ford avec
les chaînes de montage de la Ford T).
Les critiques apportées au modèle de Taylor sont de plusieurs
types :
les hypothèses de Taylor sur les compétences,
les savoir-faire, les relations interpersonnelles au sein de l'entreprise
restent simples
La réflexion sur le pouvoir de direction reste
entière : comment peut-on évaluer les savoirs, les
rémunérer, à quels moments et qui dans la hiérarchie
peut ou doit le faire ?
Henri Fayol et la naissance du management
Fayol ne parle pas de management, mais d'administration. Pour lui,
parmi toutes les tâches effectuées au sein de l'entreprise,
il en est une particulièrement nécessaire, celle de la
gestion. Le manager a pour lui 5 fonctions essentielles :
PREVOIR : concevoir l'avenir et dresser le programme d'actions adéquat.
Il s'agit de poser la stratégie, de définir les objectifs
avec cohérence et de manière transversale
ORGANISER : formaliser la double organisation matérielle et
sociale de l'entreprise : créer une structure
COMMANDER : donner les consignes pour que le travail soit effectué.
Aujourd'hui, on rajoute la notion d'animation
COORDONNER : harmoniser les actes et les efforts de chacun. En effet,
une fois les tâches divisées, il faut recréer une
cohérence entre les tâches parcellisées
CONTRÔLER : veiller à ce que tout se passe conformément
aux règles aux règles établies, aux objectifs définis
et aux ordres donnés. Attention, cette notion de contrôle
doit être entendue au sens anglo-saxon du terme, qui met plus
en avant le pilotage que la sanction.
La réflexion générale de Fayol sur le management
est encore aujourd'hui le fondement de beaucoup d'analyses.
Chester Barnard : organisation et performance
Pour Barnard, l'organisation est un ensemble d'activités coordonnées
en vue d'accomplir une fin. Son apport est la description de cette organisation.
Pour C. Barnard, les managers ont en charge 3 fonctions : la transformation
des inputs en outputs, la création de valeur et les échanges
avec l'environnement.
Gérer, c'est donc transformer des inputs en outputs qui ont
de la valeur sur un marché. Pour assurer ces fonctions, le manager
va assurer une communication interne/externe, et mettre à la
disposition des acteurs des outils de production afin d'être efficace
et efficient .
Pour être efficient, le manager doit émettre des messages
cohérents avec les objectifs imposés à l'organisation
par son environnement. Les messages du manager ne doivent pas être
en contradiction avec les objectifs du subordonné.
L' école des Relations Humaines et ses fils
spirituels
L'école des relations humaines (é RH) apparaît
vers 1930 aux Etats-Unis. Elle constitue une étape importante
de la théorie des organisations, notamment parce qu'elle a beaucoup
critiqué les précurseurs (Taylor, Fayol, Weber).
Pourquoi cette critique ? Parce qu'on constate alors empiriquement
des effets négatifs des modèles précurseurs sur
l'organisation du travail. On ne peut en effet simplifier les relations
interpersonnelles dans l'organisation. Il existe non seulement des relations
formelles, mais aussi des relations informelles qui ne sont pas prises
en compte par les précurseurs. A la vision mécaniste succède
la prise en compte du facteur humain au sein de l'entreprise.
L' é RH s'intéresse à répondre aux questions
suivantes : Les relations humaines sont-elles source de performance
ou de dysfonctionnements ? Peut-on et comment résoudre les
conflits sociaux, les grèves, l'insubordination, l'arrivisme,
les comportements routiniers, le turn-over, l'absentéisme ?
Les expériences d'Hawthorne (1927-1932)
Hawthorne est le nom du site de la General Electric où Elton
Mayo a conduit ses expériences. L'objectif de ces recherches
est de comprendre quelles sont les meilleures conditions de travail
pour un groupe de salariés. Il apparaît que les éléments
matériels (éclairage, temps de travail) sont au final
moins importants que les éléments immatériels (ambiance,
prise en compte des plaintes, ...).
L'intérêt porté au groupe fait augmenter la productivité.
Cela s'oppose aux principes tayloriens du « one best way ».
De ce point de vue, la personne clé pour la performance, c'est
le leader : quand on adopte un système de management plus souple
et moins contraint, on obtient de meilleurs résultats. Les résultats
d'Elton Mayo seront cependant critiqués pour la pauvreté
du contrôle des expériences, et pour leur philosophie qui
reste très paternaliste.
Les théories de la motivation
Sur quoi se fonde la motivation au travail ? Cette question fondamentale
va permettre de conduire les managers sur la voie d'une réelle
prise en compte des besoins des salariés pour améliorer
les performances de la firme.
A la suite de Maslow , on peut considérer que les besoins fondamentaux
se classent en 5 grandes classes hiérarchisées, se présentant
en pyramide. Un besoin de niveau supérieur ne peut être
atteint que si les besoins inférieurs sont remplis :
Pour A. Maslow, il est important de savoir où se situe l'individu
afin de pouvoir utiliser les outils nécessaires à sa motivation
.
Pour Herzberg (1966), l'analyse de la motivation est bi-factorielle
: les facteurs de motivation, qui sont source de satisfaction, et les
facteurs d'hygiène, qui limitent les insatisfactions, sans pour
autant générer de satisfaction :
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Facteurs de motivation
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Facteurs d'hygiène
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Le travail lui-même (contenus, responsabilité)
La reconnaissance du travail effectué
La réalisation de soi-même
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Les salaires
Les relations interpersonnelles
Les conditions de travail
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En conséquence, il apparaît que la motivation véritable
s'obtient par une réelle politique de ressources humaines, portant
sur la définition des postes et leur adéquation aux individus,
plutôt que sur des traitements anecdotiques.
Pour Douglas McGregor (1906-1964) , on est en fait en présence
de deux sortes d'individus : ceux qui relèvent de la théorie
X et ceux qui relèvent de la théorie Y. Le manager conduira
une meilleure politique en considérant les individus comme des
individus Y et non X
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Individu X
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Individu Y
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Naturellement paresseux, il n'aime pas travailler. On doit donc
le contrôler, le diriger pour parvenir à un résultat.
Il préfère d'ailleurs être dirigé car
il aime la sécurité et n'a pas d'ambition.
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La dépense au travail est naturelle, les individus peuvent
s'auto-diriger. L'engagement personnel est fonction d'un arbitrage
entre contribution et rétribution. L'individu accepte,
voire recherche des responsabilités sous certaines conditions.
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On considère que Mac Gregor est à l'origine du management
participatif (Direction Participative par Objectifs ou
DPO) dans les années 60. L'idée phare est de réaliser
la meilleure conciliation possible entre les objectifs organisationnels
et ceux des divers acteurs : idée de délégation,
de direction "démocratique".
Le 20e siècle permet de faire avancer les théories
traditionnelles
L'école socio-technique du Tavistock Institute
Au cours des années 50, des auteurs comme Emery, Trist et Bamforth
prennent en compte la notion de turbulence dans l'environnement de l'entreprise.
Ils constatent que pour une même technologie, il existe différents
modes d'organisation et de gestion possibles. Il en ressort que l'organisation
et le management dépendent aussi des groupes sociaux et de leurs
relations. Le meilleur manager est alors celui qui sait gérer
le changement, notamment en faisant participer les individus liés
à l'organisation.
Les behaviouristes
Ces auteurs conduisent à envisager que le comportement des individus
répond à deux sources principales : l'instinct et
l'apprentissage. Un comportement survient lorsque apparaît un
déséquilibre, un besoin. Pour les behaviouristes, les
récompenses suscitent des comportements, les punitions les stoppent.
Ils conseillent aux managers d'utiliser plutôt des récompenses
non automatiques pour développer la stabilité des réactions
de leurs salariés.
L'approche psychosociologique
Cette approche consiste à considérer les liens qui se
forgent au sein d'un groupe. L'optique choisie est donc holiste :
les groupes sont dominés par un leader et sont animés
de forces non convergentes.
Cette approche est défendue notamment par Argyris qui prône
un comportement managérial permettant de créer une conscience
de l'organisation dans son intégralité. On cherche en
fait à susciter un apprentissage individuel qui dans cette conscience
globale permet un apprentissage de groupe. Une entreprise est apprenante
collectivement quand elle suscite l'apprentissage individuel et que
celui-ci nourrit l'apprentissage collectif, par la conscience globale
de l'organisation. Un ensemble de valeurs directrices (information valide
et contrôlée) permettent aux salariés de faire des
choix informés et d'en contrôler la mise en œuvre pour
repérer et corriger les erreurs individuelles et collectives.
Les organisations sont toujours en devenir. Elles ne sont pas figées,
mais permettent de donner un sens aux comportements des acteurs individuels.
Les théories de l'information et de la communication,
nécessaires aux nouvelles conceptions du management
L'apprentissage organisationnel est désormais vu comme une nécessité
pour la performance de la firme, notamment à travers la motivation
des individus qui la composent. Les derniers développements en
sciences de gestion étudient avec intérêt le rôle
des nouvelles technologies dans la transmission de ces savoirs individuels
comme collectifs. Le manager n'est plus celui qui donne les ordres,
mais celui qui anime le réseau d'apprentissage interne à
la firme. Pour Nonaka, ce sont les routines qui vont permettre le processus
d'apprentissage organisationnel, notamment quand elles peuvent être
modifiées. La performance de la firme va alors dépendre
de la capacité de son manager à diffuser de l'information
et à créer des interactions entre les différents
savoirs et compétences qui existent au sein de la firme.
Webographie
http://www.crcom.ac-versailles.fr/rubrique.php3?id_rubrique=34
, un site référence pour le management en STG
http://www.universalis.fr/encyclopedie/N131681/ORGANISATIONS_THEORIE_DES.htm
: la base des connaissances dans une encyclopédie de référence
http://www.ecogesam.ac-aix-marseille.fr/Resped/Ecoent/theoorg.htm
: des ressources claires et précises pour une approche efficace
http://www.creg.ac-versailles.fr/spip.php?article210
: des ressources accessibles et cadrées
http://www.profession-dirigeant.com/
: un blog de qualité, des références
et des sujets actuels
http://www.duperrin.com/ :
un blog qui traite des aspects théoriques de base, mais aussi
de nouveautés (management et TIC)
Bibliographie
Dictionnaire de gestion, collection Repères
Les Théories des organisations n° 502 Jean-Michel SAUSSOIS,
coll.Repères
Management Stratégique, Vision, manœuvre et tactiques, Gérard
Koenig, Nathan
Strategor, Politique générale de l'entreprise, Dunod
L'état des entreprises 2008, Repères n°524, DRM
N° 20 de mars/avril 98 intitulé "comprendre les organisations"
N° 30 de septembre 2000 intitulé "100 ans de sciences
humaines"
Dossier Sciences Humaines N° 117 de juin 2001 intitulé "Autorité
– de la hiérarchie à la négociation"
Comprendre le management- n°321 Juillet-août 2004
revue Sciences HumainesN° 20 de mars/avril 98 intitulé
"comprendre les organisations"N° 30 de septembre 2000
intitulé "100 ans de sciences humaines"Dossier Sciences
Humaines N° 117 de juin 2001 intitulé "Autorité
– dela hiérarchie à la négociation"Là,
il s'agit d'un ouvrage de synthèse de la documentation françaiseComprendre
le management- n°321 Juillet-août 2004
Le management : fondements et renouvellements, Géraldine
Schmidt , ouvrage de synthèse, sciences humaines éditions,
2008
Le terme de domination est ici
utilisé pour appréhender de façon plus large le
rapport hiérarchique ou le mode de direction. Depuis La Boétie,
le terme de domination reprend ainsi cette idée de « servitude
volontaire », et donc de légitimité du pouvoir.
Ce sera un des éléments des études de Max Weber,
mais aussi plus tard, de l'analyse de Crozier et Friedberg dans l'acteur
et le système
Frédérick Winslow Taylor (1856-1915)
Voir aussi la fiche sur l'organisation du travail
1903, Shop Manager ; 1911, Les principes du management scientifique
Celle des compagnons, par exemple, ou des maîtres d'apprentissage
Henri Fayol (1841-1925)
1916, Administration industrielle et générale
Voir fiche sur les structures d'entreprise
On retrouvera cette problématique dans la fiche sur les structures
d'entreprise
Il faut considérer ces 5 fonctions au regard des 14 principes
définis par Fayol, comme l'unité de commandement nécessaire,
l'ordre, le respect de la hiérarchie, la stabilité du
personnel,...
Être efficace, c'est satisfaire les objectifs
Être efficient, c'est satisfaire les objectifs avec le moins
de moyens possibles
Elton Mayo (1880-1949).
Abraham Maslow (1908-1970). Sociologue de formation, son objet d'étude
n'est pas l'organisation “entreprise”. Ses successeurs traduiront son
analyse de la hiérarchie des besoins sous la forme de la pyramide
que nous connaissons aujourd'hui.
1943, Theory of human motivation
Ces facteurs d'hygiène ne sont pas des facteurs d'insatisfaction.
Ils peuvent être aussi simplement neutres, et considérés
comme des conditions minimales acceptables pour travailler
1960, The human side of the enterprise
On peut rapprocher cette conscience de la notion de culture d'entreprise
Les articles de Reix dans la revue Française de gestion s'appuient
beaucoup sur Nonaka pour étudier les systèmes d'information
dans l'entreprise